Vous reconnaissez-vous ?
Les situations de celles et ceux sur qui tout le monde compte.
Elles ont un point commun : ce que vous offrez aux autres (votre temps, votre écoute, votre indulgence, votre protection), vous vous le refusez. En voici quelques-unes, regroupées par thème. Gardez celles qui vous parlent.
Vous dites oui à tout
Oui aux autres, non à vous-même
Le oui part avant que vous ayez vérifié si vous pouvez, ou si vous voulez.
- Un vendredi à 18 h, vous acceptez un dossier urgent alors que votre semaine déborde déjà.
- Vous gardez les enfants de votre sœur le seul samedi que vous vous étiez réservé.
- Vous dites « pas de souci », puis vous ruminez votre agacement toute la soirée.
Vous, en dernier sur la liste
Votre temps est la variable d’ajustement.
- Votre séance de sport est la première chose que vous annulez quand ça déborde.
- Vous repoussez votre rendez-vous médical depuis des mois, mais vous accompagnez votre père à tous les siens.
- Vous répondez à l’équipe le dimanche soir, pour qu’elle ne reste pas bloquée lundi.
Ce qui change
Vous dites oui quand vous en avez envie, et non sans vous justifier. Votre temps compte aussi.
Vous gardez tout pour vous
Les besoins des autres devinés, les vôtres tus
Vous attendez qu’on devine.
- Vous voyez tout de suite qu’un collègue ne va pas bien ; personne ne voit que vous êtes à bout, et vous ne le dites pas.
- Vous espérez que votre conjoint·e propose de prendre le relais, sans le lui demander.
- Vos messages commencent par « Pardon de te déranger, c’est juste pour… ».
Votre avis gardé pour vous
Vous préservez l’ambiance plutôt que de dire.
- En réunion, vous n’êtes pas d’accord, mais vous ne dites rien pour ne pas faire de vagues.
- Vous repoussez depuis des mois la discussion sur votre charge de travail ou votre salaire.
- Le soir, vous rejouez la discussion avec les mots que vous n’avez pas dits.
Ce qui change
Vous dites ce dont vous avez besoin et ce que vous pensez, même quand ce n’est pas confortable.
Vous portez tout
« Sans moi, ça ne tiendra pas »
Vous vous croyez indispensable, et tout le monde vous le confirme.
- Vous ne partez pas en congé tant que tout n’est pas bouclé, et rien n’est jamais bouclé.
- Malade, vous vous connectez quand même, juste pour la réunion.
- Vous tenez la trésorerie de l’association depuis huit ans, faute de remplaçant.
Faire à la place des autres
C’est plus rapide, mieux fait, moins risqué.
- Vous refaites le travail que vous aviez délégué.
- Quelqu’un se confie : vous cherchez aussitôt la solution, et vous y pensez encore la nuit.
- Vous vous occupez seul·e de votre parent âgé, sans solliciter vos frères et sœurs.
Ce qui change
Vous laissez les autres prendre leur part, et vous découvrez que tout tient, même sans vous.
Vous tenez, jusqu’à ce que ça déborde
Vous ne montrez jamais que vous flanchez
Vous tenez, pour que les autres puissent s’appuyer sur vous.
- Lors d’un deuil, vous gérez les démarches et la famille ; vous n’avez pas encore pleuré.
- Pendant une réorganisation, vous rassurez l’équipe alors que vous craignez pour votre propre poste.
- Vous pleurez dans la voiture avant de rentrer, pour que personne ne le voie.
Mis de côté jusqu’au débordement
Ce que vous ne ressentez pas sur le moment ressort plus tard.
- Vous accumulez sans rien dire, puis vous explosez pour une chaussette qui traîne.
- Vous rentrez chargé·e de l’anxiété d’un proche, et vous dormez mal.
- Une petite voix pense « après tout ce que je fais pour eux », sans jamais le dire.
Ce qui change
Vous sentez ce qui se passe en vous au moment où ça arrive, et vous pouvez le dire avant que ça déborde.
Vous êtes dur·e avec vous-même
Indulgent·e avec les autres, intraitable avec vous
Une exigence que vous n’imposeriez à personne.
- À une amie qui s’est trompée, vous dites « tu as fait de ton mieux » ; à vous-même, « tu es nul·le ».
- Vous ruminez une phrase maladroite pendant tout le week-end.
- Vous ne fêtez jamais une réussite : vous passez directement à la suivante.
La culpabilité de penser à vous
Prendre du temps pour vous ressemble à de l’égoïsme.
- Un week-end seul·e, et vous avez l’impression de voler du temps à votre famille.
- Au repos, vous vous sentez inutile.
- Vous attendez d’être à bout pour demander de l’aide.
Ce qui change
Vous vous parlez comme à quelqu’un que vous aimez : avec exigence, et avec bienveillance.
Vous n’écoutez plus votre fatigue
Les signaux ignorés
Votre corps parle ; vous l’écouterez plus tard.
- Vous tenez jusqu’aux vacances, et vous tombez malade le premier jour.
- Mal de dos, migraines, sommeil haché : vous mettez ça sur le compte de la période.
- Vous dormez cinq heures par nuit, le temps que ça se calme.
Ce qui change
Vous repérez la fatigue tôt, et vous vous reposez avant de tomber malade.
Vous ne savez plus ce que vous voulez
Exister par l’utilité
Vous vous sentez à votre place quand on a besoin de vous.
- Quand personne n’a besoin de vous (vacances, enfants partis, arrêt maladie), vous vous sentez vide.
- À la question « Et toi, qu’est-ce que tu veux ? », vous n’avez pas de réponse.
- Un compliment ou un cadeau vous met mal à l’aise.
Vous ajuster aux autres
Au point de ne plus savoir ce que vous voulez.
- Le restaurant, le film, les vacances : vous choisissez ce qui fera plaisir aux autres.
- Vous calez votre humeur sur celle de la pièce.
- Vous ne savez plus très bien ce que vous aimez.
Ce qui change
Vous savez ce que vous voulez, et vous existez aussi en dehors de ce que vous faites pour les autres.
Vos envies attendent
Les projets « pour plus tard »
Vos envies attendent que les autres n’aient plus besoin de vous.
- Votre reconversion attend que les enfants soient grands.
- Le livre, le voyage ou la formation dont vous rêvez attend depuis dix ans.
- Vous refusez une opportunité parce que l’équipe ne s’en sortirait pas sans vous.
Rester par loyauté
Le devoir passe avant ce que vous voulez.
- Vous restez dans un poste qui vous use parce que votre équipe compte sur vous.
- Vous acceptez une promotion que vous ne voulez pas, pour ne pas décevoir.
- Vous gardez un engagement associatif qui vous épuise, par sens du devoir.
Ce qui change
Vos envies retrouvent une place dans vos décisions, sans que vous laissiez tomber ceux qui comptent sur vous.
Vous vous êtes reconnu·e dans plusieurs situations ?
Ce n’est pas un manque de volonté : c’est une façon d’être qui vous a longtemps protégé·e. Le but n’est pas d’être moins là pour les autres. C’est de pouvoir, vous aussi, compter sur quelqu’un. À commencer par vous.
Vous vous dites que d’autres en ont plus besoin que vous ? C’est souvent justement le signe qu’il est temps de penser à vous.